Sugata
Pour Sesko, les Sukesada représentent la sugata de la fin de Muromachi : des katana courts à une main (片手打, katate-uchi), d’environ 60 cm, avec la courbure marquée vers la pointe (先反り, sakizori). Son exemple est le katana de Yosōzaemon-no-jō de 1521, bien culturel important : 64,8 cm de nagasa et 1,9 cm de sori. Le Sue-Bizen et le Sue-Seki sont connus pour des lames à kasane fin et à shinogi haut, mais chez Sukesada le shinogi est parfois très bas : il faut regarder attentivement les deux. Le Musée national de Tokyo décrit son katana de 1523 comme à grande pointe et très large, d’aspect robuste, courbé vers la pointe et à soie courte, pour dégainer d’une main.
Jihada
Avec la production en série, l’acier du Sue-Bizen perd l’aspect « huileux » du Bizen ancien, et l’utsuri (映り, utsuri) est rare ou ténu. Le katana de 1523 de Tokyo a un itame bien forgé ; celui de 1577 de Kyūshū, un itame avec du masame.
Hamon
Les forgerons du début du XVIe siècle conservent des éléments de l’Ōei-Bizen et groupent par deux ou par trois les gunome-midare à base large (腰の開いた, koshi no hiraita). Dans la lignée Sukesada, cela aboutit, à la fin de Muromachi, à la fameuse « pince de crabe » (蟹の爪, kani no tsume) : des éléments qui s’ouvrent vers le haut et se terminent en têtes de chōji. La trempe porte de plus en plus de nie, et plusieurs Sue-Bizen trempent en hitatsura. Il y a aussi des suguha en nioi-deki, et chez Katsumitsu et Sukesada Sesko voit des antécédents du kobushigata-chōji (拳形丁子) de Kawachi no Kami Kunisuke. Le katana de 1523 porte un suguha avec du midare ; celui de 1577, un ko-gunome avec du nie.
Bōshi
Sur le katana de 1577 de Kyūshū, la trempe de la pointe va jusqu’au bord (焼き詰め, yakizume) sur une face et revient en ko-maru sur l’autre. Les sources consultées ne donnent pas de règle générale pour le bōshi des Sukesada.
Nakago et mei
Les signatures longues portent la province, l’école et le nom personnel : 備前国住長船彦兵衛尉祐定 (Bizen no kuni-jū Osafune Hikobei-no-jō Sukesada), 備前国住長船与三左衛門尉祐定作 (Bizen no kuni-jū Osafune Yosōzaemon-no-jō Sukesada saku) ou 備前国住中川与三左衛門祐定作 (Bizen no kuni-jū Nakagawa Yosōzaemon Sukesada saku). La courte dit 備州長船祐定 (Bishū Osafune Sukesada). Sur le katana de 1577, la signature est sur la face omote de la soie et la date sur la face ura, avec trois trous de mekugi, dont deux bouchés au plomb.
Horimono
Les lames de commande spéciale portent des gravures de divinités. Sesko cite un katana de Yosōzaemon-no-jō de 1521 avec un dragon enroulé autour d’une épée (真の倶利伽羅, shin no kurikara) sur une face et 春日大明神 (Kasuga Daimyōjin) sur l’autre, et réunit les invocations des Sukesada : Amaterasu Ōmikami, Hachiman Daibosatsu, Kasuga, Sumiyoshi, Kizuki, Yaegaki Daimyōjin, Marishiten et Fudō Myōō. Le katana de 1577 porte 八幡大菩薩 (Hachiman Daibosatsu) sur une face et, sur l’autre, les signes sanskrits d’Amida, de Fudō et de Dainichi.
Détails
La pointe du katana de 1572. Musée national de Tokyo, via ColBase · Conditions d’utilisation de ColBase · provenance
La soie et le habaki du katana de 1572. Musée national de Tokyo, via ColBase · Conditions d’utilisation de ColBase · provenance
Katana de Genbei-no-jō Sukesada, de 1577 (Tenshō 5) : la gravure 八幡大菩薩 (Hachiman Daibosatsu) et la soie. Musée national de Kyūshū. Musée national de Kyūshū, via ColBase · Conditions d’utilisation de ColBase · provenance
Lame de katana de Sukesada avec Fudō Myōō (不動明王, Fudō Myōō), du XVIe siècle. Walters Art Museum, Baltimore. Walters Art Museum, domaine public, via Wikimedia Commons · Domaine public · provenance