Un forgeron de Hōki
Yasutsuna fut un forgeron de la province de Hōki à l’époque de Heian. On le suppose établi à Ōhara, et c’est pourquoi on l’appelle aussi Hōki Yasutsuna ou Ōhara Yasutsuna, selon Wikipédia en japonais. Le plus ancien traité de sabres, le 『観智院本銘尽』 (Kanchi-in-bon Meizukushi), de la fin de l’époque de Kamakura, le cite comme 伯耆国小原安綱 (Hōki no kuni Ohara Yasutsuna). Mais il n’est pas établi avec certitude qu’il ait vécu à Ōhara, et il n’existe aucune œuvre signée de ce nom : il viendrait de la signature de son fils, Sanemori. Le 『太平記』 (Taiheiki) parle du « forgeron Ōhara Gorō-dayū Yasutsuna », du district d’Aimi ; c’est une mention littéraire, non un document.
Les dates
Les livres anciens le placent dans l’ère 大同 (Daidō, 806–810) ou dans l’ère 弘仁 (Kōnin, 810–824), et le Nihon-koku Kaji Sōyaku, de Hasegawa Chūemon, du début de l’époque d’Edo, le fait vivre de 749 à 811, à 63 ans. Cette chronologie fut répétée pendant toute l’époque d’Edo. Wikipédia en japonais la tient pour une invention des traités : on fabriquait alors encore des lames droites (直刀, chokutō), et la forme du tachi ne s’impose que dans la seconde moitié de l’époque de Heian.
Le Musée national de Tokyo date aujourd’hui son Dōjigiri de l’époque de Heian, entre le Xe et le XIIe siècle : un tachi déjà courbe, au koshizori prononcé. Wikipédia en anglais rapporte trois opinions : l’ère Daidō, vers l’an 900, ou, plus probablement, l’époque de Sanjō Munechika, dans l’ère 永延 (Eien, 987–989). On attribue aux deux les premiers sabres courbes.
Le Ko-Hōki
On le tient pour le fondateur des forgerons Ko-Hōki (古伯耆, Ko-Hōki). Son fils, selon la tradition, est 大原真守 (Ōhara Sanemori), et le groupe compte aussi Sadatsuna, Aritsuna, Sanekage et Yasuie, tous avec des œuvres signées. La NBTHK rapporte que les livres anciens font de Sanemori le fils de Yasutsuna, et que 安家 (Yasuie), fils ou disciple, a avec lui un lien très direct. Pour les dates de Yasuie, il existe deux opinions, l’ère Eien (987–989) ou l’ère 平治 (Heiji, 1159), et la NBTHK dit que d’autres études sont nécessaires.
Sa renommée
Selon Wikipédia en japonais, l’expert Utsunomiya Mikawa-nyūdō, du début de l’époque de Muromachi, plaça Yasutsuna de Hōki en tête des onze meilleurs forgerons de l’ère de l’empereur Ichijō, suivi de Sanjō Munechika et de Kanehira. Satō Kanzan appelait le Dōjigiri le « yokozuna » du sabre japonais.
Légendes et lieux
Un livre ancien de forgerons, de la fin de l’époque de Muromachi selon Wikipédia en japonais, raconte qu’au bord d’un étang de Hōki surgit un homme avec un bœuf blanc chargé de fer ; Yasutsuna le vit l’enterrer et prit ensuite le nom d’Amahara Hiteru. Wikipédia elle-même ajoute qu’on les tient pour deux personnes distinctes : c’est une tradition, non un fait.
Il y a à Hōki des lieux de tradition : un monument de 1985 à l’endroit où il forgea, avec une inscription de Gassan Sadakazu, trésor national vivant, le Yamabushi-zuka et le sanctuaire Hana-no-gozen. Une fouille de 2024 a mis au jour des vestiges de sidérurgie, mais aucun rapport ne les relie à Yasutsuna ni à Sanemori.