Planche en noir et blanc avec trois vues d’un tantō : les deux faces et un détail de la trempe ondulée.

Association of Cultural Properties, domaine public, via Wikimedia Commons · Domaine public

Meizukushi · Shintōgo Kunimitsu · légendes

Vie et époque

De sa vie, presque tout est tradition : la biographie complète que l’on répète date de l’époque d’Edo. Ce que l’on peut documenter est peu de chose et se trouve dans des traités anciens et dans deux tantō datés.

Sur cette page
  1. Ce que disent les documents
  2. Ses dates
  3. Maître et famille
  4. Les « dix disciples »
  5. La thèse de sa non-existence
  6. Légendes

Ce que disent les documents

  • Son nom apparaît pour la première fois dans le 銘尽 (Meizukushi), le plus ancien traité d’expertise des sabres, que Wikipédia en japonais date de 1316 : il le place dans la généalogie des forgerons du Sagami comme disciple de Shintōgo Kunimitsu. La copie conservée, le Kanchi-in-bon de 1423, est bien culturel important, se trouve à la Bibliothèque nationale de la Diète et l’appelle « Gorō Nyūdō ».
  • Le Shakuso ōrai, du milieu de Muromachi, le loue déjà comme maître.
  • Deux tantō portaient une date dans une longue signature (長銘, nagamei) : l’Ōsaka chōmei Masamune, de 1328 (Karyaku 3), reforgé par Echizen Yasutsugu après l’incendie d’Osaka et aujourd’hui au Musée Tokugawa, et l’Edo chōmei Masamune, de 1314 (Shōwa 3), perdu et connu seulement par le Kyōhō meibutsuchō. Aucune lame intacte et datée n’est conservée.

Ses dates

  • Le registre des défunts (過去帳, kakochō) d’un « Gorō Nyūdō Masamune » place sa mort le onzième jour du premier mois de 1288 (Shōō 1), à 80 ans, sous le nom bouddhique de Shinryū Nichiken.
  • Le Kotō Meizukushi Taizen donne 1264–1343 ; Wikipédia en japonais dit que ces dates ne sont pas tenues pour historiques. Britannica les donne avec des points d’interrogation, et Wikipédia en anglais donne « vers 1264–1343 », avec l’essentiel de son œuvre entre 1288 et 1328.
  • La biographie « complète » (il se sépare de son père Yukimitsu à 17 ans, en 1280 ; il meurt en 1343 à 81 ans ; il voyage à travers les provinces) vient d’un texte de la fin d’Edo, et l’encyclopédie Nipponica la tient pour peu fiable et composée à cette époque.
  • Qu’il ait travaillé entre la fin de Kamakura et le début du Nanbokuchō, personne ne le discute.

Maître et famille

  • Son maître est Shintōgo Kunimitsu (新藤五国光, Shintōgo Kunimitsu), que l’on tient pour le véritable fondateur de l’école du Sagami.
  • Sa relation avec Yukimitsu (行光, Yukimitsu) est discutée : le manuscrit Takeya Rian-bon, de 1579, en fait le fils de Yukimitsu ; une autre version, son frère cadet puis son fils adoptif ; une autre, le fils de Kunimitsu. Les encyclopédies rapportent comme tradition qu’il fut disciple de Kunimitsu, puis fils adoptif de Yukimitsu.
  • Sadamune, Hikoshirō Sadamune (彦四郎貞宗, Hikoshirō Sadamune), passe pour son fils ou son fils adoptif et est le plus grand du Sōshū-den après lui, bien qu’on ne lui connaisse pas de lames signées. Hiromitsu et Akihiro, de la deuxième période du Sōshū, sont ses disciples ou de sa lignée.
  • Selon Wikipédia en anglais, certains experts pensent que le nom d’Okazaki est une invention destinée à donner du lustre aux Tokugawa, dont la maison venait d’Okazaki.

Les « dix disciples »

Les « dix disciples de Masamune » (正宗十哲, Masamune jittetsu) sont une liste de l’époque d’Edo, faite à l’imitation des dix disciples de Confucius : Wikipédia en japonais et Nipponica s’accordent à dire que leurs époques ne concordent pas et qu’il n’y eut pas de relation de maître à élève. Elle change selon le traité : Gō Yoshihiro, Kinjū, Hasebe Kunishige, Kanemitsu, Chōgi, Norishige, Sa, Kaneuji, Moritaka, Rai Kunimitsu… Ce qui est réel, en revanche, c’est l’influence de son style dans tout le pays.

La thèse de sa non-existence

En 1896, Imamura Chōga, expert de la Maison impériale, soutint dans le journal Yomiuri que Masamune n’avait pas existé, ou qu’il fut un artisan ordinaire inventé par Hideyoshi et les Hon'ami. C’est le « Masamune massatsu-ron » (正宗抹殺論, Masamune massatsu-ron). Nipponica la tient pour réfutée : le nom figure déjà dans le Meizukushi et dans le Shakuso ōrai, et il existe des signatures sûres. L’encyclopédie de Yamakawa dit qu’elle est « en déclin ».

Légendes

  • Masamune et Muramasa ne se rencontrèrent jamais : toutes les versions du duel des lames dans le ruisseau sont impossibles. Les deux sont des symboles de leurs époques.
  • L’histoire de son fils manchot, Dankurō, vient de la pièce de marionnettes Shin Usuyuki monogatari, créée en 1741. À Kamakura, on montre l’emplacement de sa maison (Masamune yashiki), le puits Masamune no i, à Sasuke-ga-yatsu, et une pagode de pierre que l’on dit la sienne au temple Hongaku-ji.