De Ritsumeikan à Mattō

Vie et forge

Un ingénieur qui apprit à forger à l’université, revint à l’entreprise familiale après la guerre et, depuis sa forge de Mattō, étudia le fer ancien et parvint jusqu’à la cour impériale.

Sur cette page
  1. Formation
  2. Sa forge de Mattō
  3. Le fer et les couteaux anciens
  4. Ise et la maison impériale
  5. Fonctions, expositions et disciples

Formation

Il naquit en 1921 à Tatsumi-machi, à Mattō (aujourd’hui Hakusan, dans l’Ishikawa), fils aîné de Sumitani Tomokichi, propriétaire d’une fabrique de sauce soja et de saké. Il s’intéressa au sabre en voyant une exposition au lycée de Kanazawa, où il fonda et dirigea un club du sabre. En 1941, il obtint son diplôme d’ingénieur mécanicien à l’université Ritsumeikan (立命館, Ritsumeikan), entra à son institut de recherche sur la forge et fut le disciple de Sakurai Masayuki. En 1942, après l’incendie de l’atelier de l’université, il passa dans une forge d’Onomichi (尾道, Onomichi), à Hiroshima, où il mena ses propres recherches.

Sa forge de Mattō

Après la guerre, il rentra chez lui et travailla dans l’entreprise familiale. Quand l’interdiction fut levée, il reprit la forge, et en 1954 il obtint l’autorisation du Comité de protection des biens culturels de forger des sabres en tant qu’œuvres d’art. En 1956, il installa chez lui la forge Sanryūtei et célébra la cérémonie du premier feu ; en 1965, il en ouvrit une autre, Ryōzantei.

Le fer et les couteaux anciens

En 1971 et 1972, il mit au point une petite tatara (たたら, tatara) à soufflet pour faire son propre acier et enseigna la méthode en public. À partir de 1975, il étudia et reproduisit les tōsu (刀子, tōsu), les couteaux du Shōsōin (正倉院, Shōsōin) et du Shitennōji (四天王寺, Shitennōji) ; en 1979, le fer et les techniques d’incrustation des sabres anciens, et en 1985, la teinture de l’ivoire et le 撥鏤 (bachiru) du Shōsōin.

Ise et la maison impériale

En 1964, il reçut sa première commande du sanctuaire d’Ise, un tachi de 3 shaku et 5 sun (玉纒太刀, tamamaki no tachi) ; suivirent un tachi de 2 shaku et 6 sun en 1966 et, en 1989, seize tachi. En 1992, il reçut la commande des pièces pour le transfert rituel suivant. Pour 1969, la ville de Hakusan compte dix tachi et la nécrologie de Tōbunken, douze.

Il forgea le sabre de la cérémonie d’intronisation de l’empereur en 1990 et les sabres de protection (守り刀, mamori-gatana) de la princesse Mako en 1991, de la princesse héritière Masako en 1993 et de la princesse Kako en 1994.

Fonctions, expositions et disciples

Il fut conseiller de la NBTHK à partir de 1971 et administrateur à partir de 1992 ; en 1975, il fut l’un des fondateurs du 全日本刀匠会 (Zen Nihon Tōshōkai), dont il fut secrétaire adjoint puis, à partir de 1984, président du conseil. En 1979, il montra sa réplique de la lance Nihongō dans une exposition d’armures japonaises à Paris. En 1990, il donna une conférence au British Museum ; en 1991, le musée Sano (佐野美術館, Sano Bijutsukan) lui consacra une exposition, et en 1992 le Musée d’art de la préfecture d’Ishikawa. Depuis 1988, le musée de Mattō a une salle qui lui est consacrée, et aujourd’hui le musée de Hakusan expose son œuvre.

Furent ses disciples ou ses élèves Miyairi Norihiro, qui resta cinq ans auprès de lui après avoir obtenu son diplôme en 1978, et Kawachi Kunihira, qui arriva en 1984 pour apprendre le Bizen-den.