Les dates
Sa lame datée la plus ancienne est un tachi en deux caractères de 1278 (Kōan 1), et la plus tardive, un tachi signé 来源国俊作 (Rai Minamoto Kunitoshi saku) de 1321 (Gen'ō 3) ; tous deux sont au Musée national de Tokyo. On ne connaît ni son année de naissance ni celle de sa mort. Les signatures 来源国俊 (Rai Minamoto Kunitoshi) et 源来国俊 (Minamoto Rai Kunitoshi) font penser que le nom de famille était Minamoto (源, Minamoto).
Le tachi des 75 ans
Un tachi du Musée Tokugawa, bien culturel important depuis 1954, est signé 来国俊 正和二二年十月廿三日 (Rai Kunitoshi, Shōwa yonen jūgatsu nijūsan-nichi), suivi de deux caractères illisibles et de 歳七十五 (sai shichijūgo), « 75 ans ». La base officielle des biens désignés lit l’année comme Shōwa 4 (1315), le 四 (shi, « quatre ») étant écrit 二二 (ni ni, « deux deux »), et explique que les deux caractères illisibles peuvent être du forgeron ou du commanditaire. Si les 75 ans sont ceux du forgeron, il naquit vers 1240 (Ninji 1), comme le déduit Sesko.
La date diffère selon la source : Shōwa 4 (1315) pour la base officielle et Sesko ; Shōō 2 (1289) pour l’encyclopédie Nipponica et le Nihon Kokugo Daijiten (日本国語大辞典, Nihon Kokugo Daijiten) ; Shōwa 5 (1316) dans le texte de la notice de Bunka Isan Online du tachi du Musée Nezu. Le tantō d’Atsuta, de 1316 (Shōwa 5), est pour l’explication officielle une œuvre du forgeron à 76 ans, ce qui concorde avec 1315.
Un ou deux forgerons
Les plus anciens livres de sabres, de 1381 à 1483, ne mentionnent qu’un seul Kunitoshi. À partir de la fin de Muromachi en apparaissent deux, « Niji Kunitoshi » et « Rai Kunitoshi », et le Kotō Meizukushi Taizen, du XVIIIe siècle, en fait un père et un fils : le Niji, né en 1240 et mort en 1344 à 105 ans, et le Rai, né en 1299 et mort en 1339, données peu fiables. Aujourd’hui, la plupart des spécialistes, comme Honma Junji, qui en défendait autrefois deux, et Tanobe Michihiro, pensent à un seul forgeron dont le style changea avec les années. La maison Hon'ami distinguait dans ses certificats 二字国俊 (Niji Kunitoshi) et 来国俊 (Rai Kunitoshi), et la Wikipédia en japonais tient pour plus probable la thèse de deux personnes. L’Agence pour les affaires culturelles elle-même n’est pas cohérente : dans la notice du tantō de l’Institut Kurokawa, elle parle de Rai Kunitoshi comme du « fils de Niji Kunitoshi », et dans celle du tachi des 75 ans, d’un seul maître de l’école.
La signature « Rai »
Les premières signatures avec 来 (Rai) sont un tantō de 1289 (Shōō 2) et un tachi de 1290 (Shōō 3), quand le forgeron avait environ 50 ans : c’est pourquoi les pièces en deux caractères sont si nombreuses. Sesko pense qu’il prit le nom de la famille quand son père se retira ou mourut. Il voit en lui le « frère jumeau » d’Osafune Nagamitsu : des dates de 1279 à 1321 contre 1274 à 1320, tous deux fils d’un fondateur, et un style qui passe du spectaculaire au serein.
Fils et atelier
La tradition lui donne pour fils, dans cet ordre, Ryōkai (了戒, Ryōkai), Kunimitsu (国光, Kunimitsu), Kunizane, Tomokuni et un second 国歳 (Kunitoshi) ; certains ajoutent Kuniyasu. Rai Kunitsugu (来国次, Rai Kunitsugu) serait son gendre ou le cousin aîné de Kunimitsu. Les lames datées de ses dernières années, alors qu’il avait de 79 à 82 ans, furent signées par l’atelier en son nom : Sesko attribue à Kunitsugu celles qui présentent un certain tracé du caractère 国 (kuni) et à Kunimitsu celles de Gen'ō et de Genkō. Dans le Chūshin Mono (注進物, Chūshin Mono), le rapport de 1313 sur les sabres tranchants commandé par le bakufu, avec 60 forgerons, figure Ryōkai mais pas Kunitoshi.