Ce que disent les textes
Son nom apparaît pour la première fois dans le plus ancien meizukushi, la copie du 観智院 (Kanchi-in), faite en 1423 sur un texte qui rapporte des faits des environs de 1316. Il le nomme à côté de Masamune et dit qu’il lui ressemble, mais ne l’appelle pas son fils.
La filiation apparaît dans des copies postérieures : le 能阿弥本 (Nōami-bon), de 1483, l’Utsunomiya meikan, de 1501, et le Takeya Rian-bon, de 1579, entre cent cinquante et deux cents ans après sa vie. Le Nōami-bon dit en outre qu’il vécut à Takagi, en Ōmi, et qu’on l’appela 高木彦四郎 (Takagi Hikoshirō).
C’est pourquoi la tradition fait de lui le fils ou le fils adoptif de Masamune et son successeur à la tête de la tradition Sōshū, et le tient pour un forgeron réel bien qu’aucune lame portant sa signature ne soit conservée.
Les dates
Ses dates ne sont pas documentées, et les encyclopédies ne concordent pas. Wikipédia en japonais les donne pour inconnues et mentionne 1319 et, selon une autre théorie, 1349 comme année possible de sa mort ; l’anglaise dit qu’il naquit en 1298 et mourut en 1349. Aucune des deux ne cite le document dont elle tire cela.
Comment on lui attribue ses œuvres
Comme aucune lame ne porte sa signature, ses œuvres lui sont attribuées en les comparant à celles de 正宗 (Masamune), son maître dans la tradition, à celles de 新藤五国光 (Shintōgo Kunimitsu), dont la tradition fait le maître de Masamune, à celles d’秋広 (Akihiro), qui passe pour être son fils, et surtout à celles de 信国 (Nobukuni), le premier de ce nom, dont la tradition fait son disciple, bien que les traités anciens ne le mentionnent pas.
Les gravures de ses lames (le sūken, le bonji et le rendai) se rattachent, selon Wikipédia en japonais, à celles de Shintōgo Kunimitsu et passent ensuite à Nobukuni. L’anglaise lui donne aussi pour disciple Kanrō Toshinaga, d’Echigo.
Beaucoup de ses lames portent son nom en laque rouge, le shu-mei (朱銘) « 貞宗 本阿 (Sadamune Hon'a) » avec le kaō (花押) de la famille Hon'ami : c’est leur avis sur une lame non signée, et non la signature du forgeron, comme sur le Fushimi Sadamune.