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Quand il vécut
Wikipédia en japonais le présente comme un forgeron de l’époque de Heian qui vivait dans le quartier de Sanjō à Kyoto, dans la province de Yamashiro, d’où son nom. La tradition le place sous le règne de l’empereur Ichijō, vers l’ère Eien ; comme aucune lame de cette époque ne porte de date, on le traite « presque comme une légende », et les dates qu’on lui donne vont des Xe et XIe siècles au XIIe. Le Musée national de Tokyo le décrit comme un forgeron qui, croit-on, vécut à Sanjō dans la seconde moitié de l’époque de Heian, et dont il reste très peu d’œuvres, et il date la Mikazuki du XIIe siècle ; Wikipédia en japonais rapporte pour elle l’opinion générale de 986-1011 ou du XIIe siècle.
Ce que disent les textes anciens
Le 観智院本銘尽 (Kanchi-in-bon Meizukushi), que cite Wikipédia en japonais, dit sous le règne d’Ichijō : « 宗近 三条のこかちといふ、後鳥羽院の御剣うきまるといふ太刀を作、少納言しんせいのこきつね同じ作なり » (Munechika, Sanjō no kokaji to iu, Go-Toba-in no gyoken Ukimaru to iu tachi o tsukuru, shōnagon Shinzei no Kogitsune onaji saku nari), c’est-à-dire : « Munechika, appelé le Kokaji de Sanjō, fit le tachi appelé Ukimaru, sabre de l’empereur retiré Go-Toba ; le Kogitsune du shōnagon Shinzei est l’œuvre de la même main ».
Pour Markus Sesko, Munechika, surnommé Kokaji, est le fondateur de l’école Sanjō, que la tradition date des environs de l’ère Eien, et son œuvre est « l’un des premiers exemples d’un nihontō pleinement développé ».
La légende du renard
Le nō 小鍛冶 (Kokaji) raconte que l’empereur Ichijō lui commanda un sabre ; Munechika, sans aide, alla prier au sanctuaire Inari de Fushimi, et un jeune homme, qui se révéla être la divinité d’Inari sous la forme d’un renard, lui servit de frappeur. Ils forgèrent ainsi le tachi Kogitsune-maru (小狐丸, Kogitsune-maru), signé 小鍛冶宗近 (Kokaji Munechika) sur l’avers et 小狐 (Kogitsune) sur le revers.
C’est une légende : selon Sesko, la plus ancienne trace écrite de la pièce date de 1578 (Tenshō 6), et le récit n’apparaît pas dans les sources de l’époque. Wikipédia en japonais ajoute que le nō est de l’époque de Muromachi et que son personnage 橘道成 (Tachibana no Michinari) ne figure pas dans la généalogie des Tachibana. Du Kogitsune-maru, on dit qu’il appartint aux Fujiwara, des branches Kujō et Takatsukasa, et qu’il fut perdu ; celui d’Ishikiri Tsurugiya Jinja est un wakizashi de 53,8 cm, une autre pièce, et celui d’Isonokami Jingū porte la signature 義憲作 (Yoshinori saku). Pour Sesko, on ne sait toujours pas où il se trouve.
L’école Sanjō
L’école Sanjō (三条派, Sanjō-ha) comprend Yoshiie : la notice officielle du tachi 吉家作 (Yoshiie saku) du Musée national de Kyoto le décrit comme une œuvre de 三条吉家 (Sanjō Yoshiie). Sesko consacre à l’école trois chapitres de sa série « Kantei ».
La légende en images
Ogata Gekkō, 稲荷山小鍛冶 (Inariyama Kokaji), de la série 月耕随筆 (Gekkō zuihitsu) : Munechika forge avec l’esprit du renard. Ogata Gekkō, domaine public, via Wikimedia Commons · Domaine public · provenance
Netsuke du XIXe siècle : Munechika forge la lame Kogitsune, « le petit renard ». The Metropolitan Museum of Art, CC0 · CC0 1.0 · provenance