Un nom, plusieurs générations

Vie et époque

D’un fils de samouraïs devenu forgeron à une maison qui forgea pour les Nabeshima près de trois siècles, jusqu’à l’interdiction du port du sabre.

Sur cette page
  1. Le fondateur
  2. De Tadayoshi à Tadahiro
  3. Les générations
  4. Les forgerons des Nabeshima
  5. Jusqu’à la fin
  6. Ce que dit la tradition
  7. Images

Le fondateur

Selon la Wikipédia en japonais, le premier Tadayoshi naquit en 1572 (Genki 3) à Nagase, à Takagise, aujourd’hui à Saga, dans une famille samouraï de la branche des Shōni au service des Ryūzōji. Son grand-père Morihiro et son père Michihiro moururent à la bataille d’Okitanawate, en 1584 (Tenshō 12) ; à treize ans, il ne put entrer en service, la famille perdit sa rente et il devint forgeron.

En 1596 (Keichō 1), sur ordre des Nabeshima, il alla à Kyoto apprendre auprès d’Umetada Myōju (埋忠明寿). La Wikipédia en japonais ne fixe pas son retour : 1598 dans l’article sur le fondateur, 1599 dans celui sur la lignée. Une fois à Saga, dans le quartier qui est aujourd’hui Nagase-machi, Nabeshima Katsushige donna aux Hashimoto, pour leur passé guerrier, le rang de 手明鑓 (teakiyari) et une rente héréditaire de 25 koku.

De Tadayoshi à Tadahiro

La Wikipédia en japonais distingue quatre époques dans la signature du fondateur : celle de cinq caractères, 五字忠銘 (goji chū-mei), 肥前国忠吉 (Hizen no kuni Tadayoshi) ; la 秀岸銘 (Shūgan-mei), qui imite l’écriture d’un moine ; la 住人銘 (jūnin-mei), 肥前国住人忠吉作 (Hizen no kuni jūnin Tadayoshi saku), et à partir de 1624 celle de Tadahiro.

En 1624, il reçut le titre de Musashi Daijō (武蔵大掾, Musashi Daijō) et se mit à signer Tadahiro (忠広, Tadahiro), selon Bunka Isan Online : c’est Musashi Daijō Tadahiro. La Wikipédia en japonais le date de Genna 10, la même année, et ajoute qu’il changea sa lignée de Minamoto en Fujiwara. Sur les lames pour les Nabeshima, il pouvait omettre le titre : c’est la 献上銘 (kenjō-mei). En 1629, il grava sur la soie d’un katana, aujourd’hui au Musée national de Tokyo, une inscription qui nomme Umetada Myōju et donne l’âge de celui-ci, 72 ans.

Il mourut en 1632 (Kan'ei 9) et il est enterré au temple Shinkakuji de Saga ; les générations deux à neuf, au Chōanji.

Les générations

La Wikipédia en japonais donne ces dates et ces titres, et cite le site de la préfecture de Saga.

ForgeronTitreDates
1re : Tadayoshi et, à partir de 1624, TadahiroMusashi Daijō, 16241572-1632
2e : Tadahiro, fils cadet du fondateur selon la même source ; il ne signa jamais TadayoshiŌmi Daijō, 16411614-1693
3e : Tadayoshi, à l’œuvre rareMutsu Daijō, 1660 ; Mutsu no Kami, 16611637-1686
4eŌmi Daijō, 17001668-1747 ou 1775
5eŌmi no Kami, 17501696-1775
6eŌmi no Kami, 17901736-1815
7e : Tadahiro ; il n’employa pas Tadayoshi1771-1816
8e : chargé des canons de Saga à partir de 18501801-1859
9e : à l’œuvre rare1832-1880

La mort de la quatrième génération n’est pas claire : la source écrit « 1747 (安永4年, An'ei yonen) », et An'ei 4 correspond à 1775.

Les forgerons des Nabeshima

Selon la Wikipédia en japonais, la lignée servit comme 御刀鍛冶 (o-katanakaji), forgerons officiels des Nabeshima, pendant toute l’époque d’Edo, et de son école sortirent plus de cent forgerons jusqu’à la fin de l’époque. Le terme Hizen-tō (肥前刀, Hizen-tō) est moderne : le 『西肥遺芳』 (Saihi ihō), de 1917, le définit comme les sabres que forgea la lignée dans la ville-château de Saga.

Le Japanese Sword Index compte trois branches collatérales, toutes à Saga et au service des Nabeshima et de leurs parents : celles de Masahiro, de Yukihiro et de Tadakuni. Munenaga, qui avait étudié auprès d’Umetada Myōju, grava les horimono de nombreuses lames de Tadayoshi.

De la maison sont conservés un mémoire du fondateur, en copie, et ses dessins préparatoires de gravures, 彫物下絵 (horimono shitae) ; l’original du mémoire, d’une collection particulière, est déposé à la Bibliothèque préfectorale de Saga. Les deux furent présentés à l’exposition sur les Umetada de 2020 de la NBTHK.

Jusqu’à la fin

En 1850 (Kaei 3), la huitième génération prit la direction de la fabrication de canons du fief de Saga et contribua à sa modernisation. La neuvième cessa de forger après l’interdiction du port du sabre de 1876, et son œuvre est rare.

Ce que dit la tradition

La Wikipédia en japonais rapporte deux histoires sans document. Selon la première, le Tadahiro que portait Sakamoto Ryōma en quittant son han passa à Okada Izō, qui s’en servit pour tuer Honma Seiichirō et en brisa la pointe ; selon un souvenir oral, il fut exposé au Yūshūkan du sanctuaire Yasukuni, et on ne sait pas aujourd’hui où il se trouve. Selon la seconde, Tamiya Shigemasa, fondateur du Tamiya-ryū (田宮流, Tamiya-ryū) d’iaidō, commanda un sabre au premier Tadayoshi en 1619 (Genna 5).